Buck Ellison: Louisa

Nov 6, 2016 - Jan 7, 2017
Vues de l'exposition
Communiqué de presse

A l'âge de quatorze ans, je suis allée à Paris pour la première fois. J'ai passé le plus clair de mon temps à

acheter des jeans et à manger de la glace au yaourt avec ma soeur, ce qui a fini par faire littéralement pleurer notre père en disant qu'il nous avait emmenées en Europe pour «vivre l'art ».

Quand j'avais quinze ans, je suis allée à Nice, pour apprendre le français. Ce fut un été de premières fois : première cigarette menthol, première application d'huile auto-bronzante, premier polo Lacoste (taille 36, jaune clair). Je fus si impressionnée par les filles que je rencontrai là-bas, des filles qui venaient d'écoles tel que Chapin, Nightingale, Spence, des filles qui surgissaient en virevoltant dans la cour, après les cours du matin, avec leur nouveaux Longchamps au bras. Des filles qui avaient réponse à tout. Elles avaient l'air tellement citadines et mondaines. Quelque chose dans leur approche décontractée au luxe me fascinait, et me fascine encore aujourd'hui. C'est la première fois que je ressentais ce mélange étrange d'attirance et de dégout qui est à la source même d'une grande partie de mon travail.

Nous passions nos matinées à conjuguer d'impassibles verbes en vieux français, mais l'après-midi nous

allions au marché. Un jour, nous nous sommes arrêtées à l'étal d'une vieille dame qui vendait des bijoux tribaux. Mon amie Louisa souleva une paire de boucles d'oreilles en bois ornées de perroquets, et se tourna vers la femme. En parfait français d'écolière, elle lança : 

« Vos boucles d'oreilles sont très jolies. »

 

- Buck Ellison