Simone Fattal: with the contribution of Eugénie Paultre
Le trouble. Le tourment. Le désordre. Le désastre. Le terrible. L’extrême. L’éclatement. Le jaillissement.
Et tout ce qui surgit pur d’un véritable abandon... : les taches de nos énigmes - qui se cherchent
dans n’importe quelle forme ; les pointillés de nos drames, indices de nos inévitables éparpillements - pétales dispersés par un vent tournant à l’envers.
La délicatesse ici est au service de la vivacité du geste où s’écrit une histoire faite de bouleversements et d’impacts - nous saisissant au coeur pour brutalement le ranimer. C’est certainement un état de transe qui fabrique ces visions... Et qu’est-ce que la transe sinon l’expression troublante de nos mystères qui forcent un chemin ?
Elle mérite d’être dévoilée crûment pour manifester l’arrière-plan de nos existences perchées sur
la pointe d’une danse éperdument jetée dans une arène de questions. Au plus profond de nous,
des signaux colorés affrontent le Noir - noir magma où se fabriquent les fulgurances.
Scindé en deux, notre théâtre intérieur laisse percer un dialogue entre le clair et l’obscure, pour
que quelque chose parle, se mette à parler.
Une dualité́ comme pour réorganiser l’émotion dans une forme simple : la nuit, le jour - l’opacité́,
la transparence - coordonnées minimales de l’esprit. Ainsi se montre à nu l’état d’être artiste : cavalcade insensée, dans un mouvement inné́ et irréversible, vers le rien, vers un je ne sais quoi ?
Cela ne va pas sans crise : ici nous la voyons à l’oeil nu, elle qui se tient souvent cachée sous les surfaces chatoyantes des oeuvres. Ici nous sommes nez à nez avec la matrice, avec le grondement du moteur de l’enthousiasme artiste. On voit de visu ce que d’autres dissimulent pour mieux s’alimenter en secret au feu sidérant d’une folie de vivre.
Quatre cartographies de l’âme - dévoilées dans ses explosions, ses fusions, ses effusions - célèbrent ces immenses expériences, celles qui consentent à des déchirements inouïs. L’art est
aussi à ce prix. Alors, oui, pourquoi le cacher ?
Eugénie Paultre